Scheller De Lucrèce Bably

MARYSE CONDE : DE LA NEGRITUDE A LA LITTERATURE-MONDE : L’EXTRAORDINAIRE ITINERAIRE D’UNE QUETE IDENTITAIRE.

 

Scheller De Lucrèce Bably

Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody

Résumé

Incapable de postuler des critères unanimes d’identification culturelle et ainsi partagée entre différents mouvements, la littérature antillaise s’est vite trouvée à la croisée des chemins parallèles tracés par Aimé Césaire, Edouard Glissant et la coalition des Jean Bernabé, Patrick Chamoiseau et Raphaël Confiant. Ainsi, la Négritude s'étiolait au moment où lAntillanité d'Edouard Glissant, prenait son envol pour être quelques années seulement après, supplantée par les chantres de la Créolité.

Maryse Condé dont l’écriture est arrimée à la thématique de l’identité culturelle, a fidèlement évolué au gré de ces mouvements littéraires insulaires, avant de trouver entière satisfaction dans la citoyenneté universelle suggérée par la Littérature-monde elle-même inspirée du contexte de la mondialisation.

Mots clés : Antilles, identité, culture, mondialisation, littérature-monde 

Abstract

Unable to apply unanimous cultural identification criteria and thus shared between different movements, Caribbean literature is at a crossroads parallel drawn by Aimé Césaire, Edouard Glissant and the coalition of Jean Bernabé, Patrick Chamoiseau and Raphael Confident. Thus, Negritude has faded when the Antillanité Edouard Glissant, took her off for a few years after being violently overwhelmed by the singers of the Créolité.

Maryse Condé whose writing is pegged to the theme of cultural identity, has faithfully followed the twists of these island literary movements before finding satisfaction in the Universal Citizenship suggested by the literature world itself inspired the context of globalization.

Key words: West Indian, identity, culture, globalization, world literature

Introduction

Préfiguration précoce de la société multiculturelle aujourd’hui symbolisée par la mondialisation, le peuple antillais est le résultat inattendu d’un peuplement tout à la fois hétérogène et problématique. Pour un peuple aussi complexe et improbable, la quête d’identité culturelle va au-delà d’une simple exigence pour s’ériger en urgence. Mais comment parvenir à postuler des critères identitaires unanimes dans un espace culturel marqué par une telle diversité? Selon Hervé Carrier, « l’identité d’un groupe dans les sociétés complexes, ne saurait se construire en dehors de la créativité littéraire.»[1].Ainsi incombera-t-il aux hommes de lettres, le façonnement identitaire des Insulaires. Au début des Antilles, la littérature fut donc un enjeu capital dans la relation avec l’identité. Dans l’espace insulaire, processus littéraire et processus identitaire vont alors de pair, tant les deux actions sont au même titre soumises aux lubies des contextes politiques, sociologiques, anthropologiques, économiques et historiques.

Maryse Condé assume parfaitement cette responsabilité historique de l’écrivain Antillais dans la définition des coordonnées identitaires de son peuple. Avant de s’ouvrir au monde, la création romanesque de la Guadeloupéenne dans son rapport à l’identité culturelle, n’a pas échappée aux positions variantes conditionnées par une succession de courants littéraires dans l’espace insulaire.

L’intérêt du présent article est donc de montrer à partir de l’œuvre romanesque de Maryse Condé, que le questionnement identitaire dans l’espace insulaire, s’élabore dans la permanente remise en cause des critères identitaires qu’opère chaque mouvement littéraire naissant. En effet, si leurs postulats diffèrent, les projets identitaires aux Antilles, sont depuis toujours portés par différentes communautés d’inspiration nées les unes à la suite des autres. Ainsi montrerons-nous qu’avant de trouver entière satisfaction dans la citoyenneté universelle, suggérée par la Littérature-monde, Maryse Condé a fidèlement évolué, au gré de la Négritude, de l’Antillanité et de la Créolité.

I - Maryse Condé et la Négritude

Fondéepar Aimé Césaire, Léon Gontran Damas et Léopold Sédar Senghor, la Négritude est un mouvement littéraire dont l'objet est de restaurer par la promotion de sa culture, la dignité du peuple Noir à l’échelle mondiale. Aux Antilles, elle naît surtout en réaction au mépris colonial fondé sur l’instrumentalisation de pseudos littéraires au service de la métropole française. La Négritude sort ainsi l’Antillais de la zone de rêveries et d’illusion dans laquelle l’avait plongé « une écriture paradisiaque »[2] qui «occultait les tristes réalités antillaises de misère morale, sociale et de déchirement identitaire »[3].Nourris d’exotisme, les textes doudouistes telles des cartes postales, s’appliquèrent à présenter l’espace insulaire comme l’équivalent parfait du jardin d’Eden, la meilleure destination touristique au monde

Sous l’activisme de la Négritude, le Doudouisme[4] perdra, en effet, ses charmes bien qu’on soit obligé de voir dans le Zouk, son prolongement musical qui aura traversé tous les autres mouvements littéraires adversaires. A la tendance onirique du Doudouisme, la Négritude opposa une volonté pragmatique ainsi que l’admettent les créolistes : « La négritude, s’imposait alors comme volonté têtue de résistance tout uniment appliquée à domicilier notre identité dans une identité culturelle (africaine) niée, déniée et reniée »[5].

L’empreinte de cette Afrique si passionnément retrouvée, est particulièrement présente dans le roman de Maryse Condé. Bien qu’elle porte aujourd’hui le flambeau de l’ouverture culturelle, la Guadeloupéenne n’a pas échappé au culte de la terre d’origine. Dans un entretien accordé à Catherine Le Pelletier, elle raconte comment après une première tentative avortée, elle est finalement parvenue à payer ses dettes vis-à-vis de la Négritude :

Mon expérience africaine est double. D’abord, l’Afrique m’a un peu rebutée, parce que je ne la comprenais pas et je voyais partout la pauvreté, la corruption, les problèmes de manque de liberté de parole(…) Et puis un jour, j’ai fait ce voyage initiatique au Mali. C’était magnifique, je comprenais, (…) je découvrais que j’étais en sympathie avec l’Afrique. C’était donc la seconde période de mon écriture africaine : j’étais totalement investie par ce que je croyais comprendre d’une culture perdue[6].

Première manifestation romanesque de la Négritude condéenne, Hérémankhonon[7] est l’occasion pour Maryse Condé, la femme de couleur, de régler (sous couvert de Veronica, son personnage principal), ses comptes avec la race blanche. En effet, bousculée par l'urgence des défis à relever pour réhabiliter la race noire, la Négritude, on le verra avec Maryse Condé, va privilégier le discours politique, ignorant par là-même, son devoir artistique. La Guadeloupéenne ira jusqu’à prôner un« nationalisme sexuel »[8]car s’interrogeait-elle : « Comment on peut aimer un Blanc après tout ce qu’ils nous ont fait ? »[9] . Et sur la question, sa conclusion semblait sans appel : « seules les putains devraient avoir commerce avec les Blancs »[10] .

Avec Ségou[11]ce sera la véritable lune de miel entre Maryse Condé et l’Afrique. Le continent noir mobilise alors fortement l’imaginaire condéen, et s’érige ainsi en symbole d’un héritage à reconquérir afin de proclamer une fierté nègre. Ce roman est, en effet, une belle fresque de l’ancien empire du Mali. Il s’agit d’une immense saga qui donne la vraie dimension de ce qu’était l’Afrique au dix-huitième siècle et de la traite négrière avec ses implications d’éparpillement des fils du continent noir aux quatre coins du monde.

Ségou, pour autant, ne parviendra à étancher la soif et le désir d’Afrique qui brûlent si intensément en Maryse Condé. Ainsi, du vingtième siècle avec Hérémankhonon (1976) au vingt-et-unième siècle avec Les Belles Ténébreuses, (2008), l’auteure restera « fidèle à l’Afrique »[12] donc fidèle à la Négritude car c’est précisément de ce rapprochement intime de l’Antillais à l’Afrique, que Bertène Juminer tire sa formule définitoire de la Négritude.

La place prépondérante de Marcus Garvey dans l’économie narrative de La vie scélérate, reste une preuve suffisante de l’inspiration négritudienne de ce roman. Nul n’ignore, en effet, l’action passionnée de cet Américain noir en faveur de la dignité du Nègre. Bien que profondément ancré aux Antilles, Traversée de la Mangrove n’en reste pas moins porté sur l’éloge des valeurs nègres. On y lit les sempiternelles et radicales incriminations du Noir contre la race blanche ainsi que l’atteste cette réaction de Man Sonson qui a « pleuré toutes les larmes »[13] de son corps à l’idée que son fils ait épousé une femme blanche. Man Sonson fait partie de cette catégorie de Noir qui affiche vis-à-vis du Blanc, un orgueil à la limite de la défiance. Cette posture altière, elle tient à l’exprimer formellement: « Nous ne sommes pas n’importe quelle qualité de Nègres. Les yeux des Blancs n’ont jamais brulé les nôtres.»[14].

Mais l’exemple le plus achevé de l’inclination négritudienne du roman condéen, est à lire dans Célanire cou-coupé qui fait une remarquable plongée dans l’Afrique coloniale avec tout ce qu’elle possède de charmes culturels et qui ne laissent indifférent le personnage principal. Célanire, la Guadeloupéenne est portée par cet élan césairien de la promotion d’une Afrique riche de ses vestiges culturels. Ainsi se plaisait-elle, à mettre « des robes et mouchoirs de tête à la mode Akan, ce qui faisait plaisir aux Africains »[15].

Même s’il s’effrite à chacune de ses créations romanesques, le lien avec l’Afrique est toujours manifeste chez Maryse Condé de telle sorte que publié en 2008, le roman Les belles ténébreuses fait allégeance à la Négritude. Maryse Condé s’y soumet à la sacro-sainte loi de ce mouvement littéraire : la promotion de la race noire. Le Guadeloupéen Kellerman Mayombe, père de Kassem, le personnage principal de l’ouvrage, sacrifie à ce rituel et enseigne à son fils, tous les honneurs qu’implique le statut de nègre. Pour cet Antillais ivre de fierté africaine, être nègre, c’est avoir le privilège d’une noble origine ; c’est-à-dire, être originaire de l’«Afrique, le berceau de la civilisation.»[16]. Car recommande-t-il à son fils, « n’oublie jamais que la noire Egypte a civilisé le monde »[17].

Mais cette légitime promotion des valeurs nègres a précipité l’Antillais dans une introversion africaine qui ne correspond nullement à sa réalité identitaire ; une réalité désormais insulaire. La Négritude pèchera donc par cette propension à enfermer l’Antillais dans une fascination africaine qui ne pouvait résoudre le mal identitaire aussi abyssal que celui du Caribéen. Ainsi, vingt quatre ans après la publication de Hérémankhonon, en 2000 précisément, au détour d’une entrevue qu’elle accorde à la romancière Elizabeth Nunez, Maryse Condé est bien obligée de réexaminer ce rapport fantasmé à la race : « J’ai fini par comprendre que la couleur de la peau n’avait pas d’importance »[18] dira-t-elle avec lucidité.

Dans une publication parue en 2003, le Congolais Henri Lopès, rejoignant enfin Stanislas Adotévi[19], s’interroge sur l’opportunité d’un repli racial et culturel à cette époque faste de la mondialisation :

Que représente aujourd’hui le mouvement de la négritude ? La réappropriation des ‘’poupées noires’’ du Guyanais Léon Gontran Damas (…) est-elle à l’ordre du jour ? L’héritage culturel oral d’une grand-mère bantoue devient-il suranné en ces temps de mondialisation ?[20]

Du côté des insulaires, Daniel Maximin, avec L’Isolé soleil, fait partie des auteurs qui les premiers, se démarquèrent de cette « Négritude fasciste », exploitée à des fins propagandistes ; il rejetait violemment ce fonds de commerce et cette « blacktitude suicidaire »[21] qui a longtemps desservi l’Antillais : « Je suis un nègre, proclame-t-il, mais je n’ai besoin ni des Noirs ni des Blancs pour en avoir conscience. Je ne suis un nègre par réaction : de fraternité imposée avec les uns, d’hostilité distante avec les autres »[22].

Mais la plus belle preuve du déclin de la Négritude est à rechercher chez René Depestre dont l'ouvrage : Bonjour et... adieu la négritude[23], fait dès son intitulé, le deuil définitif du célèbre mouvement littéraire cofondé par l'illustre Aimé Césaire. La Négritude tombe ainsi en disgrâce. Son chef de fil Antillais, « l’immense et tellurique Aimé Césaire »[24]verra son honorabilité écorchée. Il essuie toutes sortes de critiques y compris les plus malveillantes. Ainsi, celui qui toute sa vie, s’est considéré comme une « laminaire »[25]pour le rayonnement de sa communauté insulaire, sera sérieusement laminé par la nouvelle génération d’écrivains antillais qui ne lui pardonne pas d’avoir totalement arrimé l’identité antillaise à l’Afrique.

Ainsi, la Négritude, en dépit d’énormes efforts méritoires, n’a pu tenir ses promesses d’épanouissement du Nègre insulaire. Elle dû céder le pas à l’Antillanité d’Edouard Glissant, mouvement littéraire qui selon Patrick Chamoiseau, permit de « décliner les généralisations universalisantes de la Négritude pour réinvestir le domaine antillais »[26].

II - Maryse Condé et l’Antillanité

Conçue au début des années 60 par Édouard Glissant, l’Antillanité plaide pour l’émergence d’une identité caribéenne située au carrefour des cultures africaines et européennes. Ce courant marque donc sa préférence pour une synthèse culturelle qui garantirait à l’Antillais, un équilibre identitaire certain. Voici d’ailleurs ce qu’en dit son concepteur :

La collectivité (antillaise) s’équilibrerait de savoir qu’entre l’idéal perdu du à l’Afrique et l’idéal de la promotion à la citoyenneté française, une réelle et dense dimension a été mise entre parenthèses au fil de l’histoire, survie à la possession soufferte de la terre nouvelle [la terre antillaise][27].

Mais c’est Julie Lirus qui offrira une brillante définition de l’Antillanité : «  La vérité des Antilles dira-t-elle, ne se trouve ni dans la thèse de l’assimilation européenne [blanchitude], ni dans l’antithèse de l’assimilation africaine [négritude], mais dans la synthèse, l’Antillanité »[28]. Toujours sensible à l’évolution de l’approche identitaire par le biais de la littérature, Maryse Condé remarque avec pertinence, les carences de la Négritude :

Le chant de la Négritude, observe-t-elle, initia le processus d’exploration. Force est cependant de constater que la Négritude ne fut guère sensible à la dépossession linguistique. Dans son Cahier d’un retour au pays natal, Aimé Césaire s’occupa à faire des jeux avec le latin et le grec, à forger grâce à eux, des rythmes et des sonorités nouveaux[29].

La Guadeloupéenne prend alors ses distances vis-à-vis de la Négritude et sans le revendiquer ouvertement, elle participe au projet littéraire d’Edouard Glissant. Certains de ses romans trahissent, en effet, son adhésion à l’Antillanité ou du moins, son rejet de la passion nègre comme le suggère la réaction de Jacob le petit-fils d’Albert Louis, compagnon de lutte de Marcus Garvey : « Il faut marcher avec son temps. Vos histoires de nègres, n’intéressent plus personne. Bientôt tout le monde se mélangera avec tout le monde. Déjà il n’y a presque plus de nègres noirs en Guadeloupe »[30].

Mais chez Maryse Condé, l’exemple le plus éloquent de l’Antillanité est à lire dans Hérémankhonon où l’échec de Véronica en Afrique, puis son retour aux Antilles après un détour dans la métropole française, retrace l’itinéraire canonique de l’Antillanité. Un tel parcours forge inévitablement une identité synthétique comme le reconnaîtra Veronica dans cette métaphore : «Je suis un animal ambiguë, mi-poisson, mi-oiseau, une chauve-souris nouveau modèle. »[31].

On retrouve dans Célanire cou-coupé, cet élan glissantien qui consiste pour l’Antillais, à définir son identité à partir des liens de sol, sol caribéen s’entendant. A l’instar de Véronica, Célanire quitte l’Afrique, portée par le même enthousiasme de créer les conditions d’un épanouissement identitaire aux Antilles. Elle multiplie sur son île natale, les actions culturelles en faisant la promotion des symboles exclusivement antillais tels que la langue créole et la danse gwo-ka. Dans un entretien accordé à Catherine Le Pelletier, Maryse Condé souligne : « Je me suis intégré à l’Afrique, mais je ne me proclame plus une femme africaine. Je suis Caribéenne. »[32].

Ainsi, l’Antillanité aura de nombreux partisans même les plus insoupçonnés. Mais assez vite, le mouvement créé par Édouard Glissant, sera à l'instar de la Négritude, taxé de privilégier les questions d'ordre thématique demeurant ainsi insensibles aux innovations formelles en cours dans la littérature négro-africaine. Prématurément, l'Antillanité perdra ses charmes, créant du même coup, un vide effroyable de renoncement collectif à une esthétique littéraire authentiquement antillaise.

Incapable de définir des critères unanimes d’identification culturelle et ainsi partagée entre différents mouvements, la littérature antillaise se trouve alors à la croisée des chemins. La Négritude de Césaire, concept autrefois salutaire, s'étiole au moment où lAntillanité d'Edouard Glissant, prend son envol pour être quelques années seulement après, violemment débordée par les chantres de la Créolité.Ce mouvement se veut un dépassement de la Négritude et de l’Antillanité, par le réexamen du vécu quotidien et des réalités collectives antillaises. La Créolité ne vient donc pas abolir les mouvements précédents, elle vient plutôt les accomplir d’autant que tous visent l’épanouissement identitaire de l’Insulaire. Les partisans de ce mouvement estiment que très peu d’efforts ont été consentis pour faciliter l’éclosion de la personnalité culturelle créole. Maryse Condé partage cet avis quand elle fait observer que« la société antillaise souffre d’un sentiment de frustration et les écrivains consciemment ou inconsciemment se sont efforcés d’offrir à leurs peuples des mythes de remplacements ».[33]

III - Maryse Condé et la Créolité

             

D’une manière précoce, l’Antillanité d’Edouard Glissant sera rangée dans les archives de l’histoire des lettres insulaires ; poussée à la sortie par la fougue des créolistes qui prennent à la fois pour cible, la Négritude et l’Antillanité.

Les temps ont vraiment changé dans l’Outre-mer et les icônes de la littérature antillaise en feront les grands frais. Ils sont systématiquement démythifiés par une nouvelle génération qui ne craint point de s’en prendre aux symboles littéraires que sont Aimé Césaire et Edouard Glissant. Nous sommes en 1989 et la chute du mur de Berlin et son corolaire de liberté tous azimuts, est peut-être passée par là. Dans ces conditions, on s’accorde avec Barthélémy Kotchi pour remarquer qu’ « à chaque phase d’une société donnée, correspond une idéologie déterminée qui est la résultante de plusieurs facteurs politique, socio-économique, religieux etc. »[34].

Dès les premières lignes d’Eloge de la créolité, (le manifeste qui fait office d’acte de naissance de leur mouvement), Patrick Chamoiseau, Jean Bernabé et Raphael Confiant rejettent avec une rare fermeté, tout pôle d’identification culturelle en dehors des trésors dont dispose le monde créole : « Ni Européen, ni Africains, ni Asiatiques, nous nous proclamons créoles »[35]. C’est de cette posture radicale que naît la Créolité, qui récuse comme le suggère Jacques Godbout, « la France littéraire comme référence »[36] et se veut un dépassement de la Négritude et de l’Antillanité. Alors qu’elles étaient en pointillé avec la Négritude et qu’elles prenaient timidement forme grâce à la l’Antillanité, les coordonnées identitaires de l’Insulaire se précisent donc avec la Créolité.

Conscients de l'urgence des tâches à accomplir pour à la fois conduire leur peuple à la modernité littéraire et à l’affirmation de sa véritable identité, les créolistes s’affranchissent des louvoiements des courants précédents en intégrant avec audace, les fondamentaux de la personnalité antillaise : l’oralité et la langue créole. Ses concepteurs la définissent alors comme «l’agrégat interactionnel des éléments culturels Caraïbes, Européens, Africains, Asiatiques et Levantins, que le joug de l’histoire a réuni sur le même sol»[37].

Le discours et le projet créolistes sont séduisants et emballeurs. Ils font de nombreuses émules et gagnent les faveurs de grandes figures de la littérature antillaise dont Maryse Condé. Le nouveau style romanesque inspiré de la Créolité, influence ainsi l’écriture condéenne comme elle l’admet elle-même: 

Quand je suis revenue en Guadeloupe en 1985, c’était le début de la Créolité. Cette école m’a obligé à me poser des questions sur les langues à ma disposition : le français et le créole. Au fur et à mesure, le créole est venu investir le français et m’a aidé à briser la prison des langues dans laquelle j’étais enfermée[38].

Publié en 1989, année faste de la Créolité et totalement ancré au sol antillais, Traversée de la mangrove, est le médiateur littéraire entre Maryse Condé et son île natale qu’elle avait désertée plusieurs années durant. Traversée de la mangrove se conformera en tout point, aux canons poétiques de la Créolité, à savoir entres autres, l’ancrage dans l’espace insulaire, l’inscription de la langue créole dans le discours littéraire , la prise en compte des croyances populaires, l’esthétique narrative du conteur créole, le regard critique sur la situation politique et sociale des Antilles etc ; tout y est, au grand plaisir des chantres de la Créolité. Maryse Condé adhère ainsi à la Créolité à travers Traversée de Mangrove qui parmi les paradigmes culturels insulaires, explore particulièrement le conte créole dont la Guadeloupéenne rappelle ici, la célèbre formule de mise en train: «Yé krik, yé krak ! Mesdames, messieurs je vous dis bonsoir. La compagnie, bonsoir !»[39].

Mais aveuglés par les paillettes du succès, les créolistes basculent dans l’excès et s’arrogent le droit de certification des œuvres littéraires d’auteurs antillais. Maryse Condé garde encore le souvenir de cette insolence : 

En 1989, les créolistes ont dit que tous ceux qui n’écrivaient pas dans une langue proche du créole étaient des traîtres. Ils sont allés même très loin puisqu’ils ont accusé Aimé Césaire qui a toujours écrit en français avec des souvenirs grecs et latins, de n’être pas vraiment un écrivain Antillais[40].

VI - Maryse Condé et la littérature-monde

             

Excédée par l’exigence quasi martiale d’écrire en créole et refusant du même coup toute sorte d’assignation identitaire, Maryse Condé finira par s’interroger sur la profondeur culturelle et artistique de cette inclination formelle portée par le mouvement de la Créolité : « Cette crispation linguistique n’était-elle pas enfantine ? »[41].

Ainsi, comme elle a fait avec la Négritude et l’Antillanité, Maryse Condé prendra ses distances avec la Créolité, recherchant du même élan, un espace littéraire libéré de tout dictat, de tout fantasme avec la terre natale, en un mot, une littérature qui a pour sujet et objet le monde entier et ses cultures. La Guadeloupéenne trouve alors entière satisfaction dans la Littérature-monde, cette généreuse idée de l’écriture littéraire initiée par Michel Le Bris et Jean Rouaud et dont le manifeste fut signé le jeudi 15mars 2007 par 44 auteurs francophones dont Maryse Condé, qui partageront leurs expériences à l’intérieur d’un ouvrage collectif dans lequel, ils réitèrent leur engagement Pour une littérature-monde[42].

A l’origine de ce mouvement littéraire fédérateur de tant de souffles culturels et poétiques et promoteur d’une grande ouverture culturelle, Michel Le Bris rappelle qu’il y a, « la création du festival Etonnants voyageurs à Bamako, les éditions du festival de Saint-Malo consacrées aux littératures africaines et caribéennes »[43]. Il s’agissait, en effet, à partir de ce festival, de produire une littérature écrite en français mais ouverte au monde entier. Une littérature dont Patrick Raynal parle avec passion : « J’aime, dit-il, la littérature qui raconte le monde, celle qui ouvre les fenêtres et qui se montre assez généreuse »[44].

Désormais affranchie des fantasmes avec la terre d’origine, Maryse Condé répond favorablement à l’exhortation d’Edouard Glissant ainsi formulée: « Ouvrez au monde le champ de votre identité »[45]. Pour l’auteure guadeloupéenne, le centre du questionnement identitaire bascule radicalement de l’espace local à l’espace mondial. La migration alimente alors l’imaginaire romanesquede Maryse Condé. Ainsi, poussés par une intense pulsion d’errance, ses personnages, comme des hirondelles à jamais en voyage, avalent des milliers de kilomètres à la recherche d’un équilibre identitaire. A l’image des « marrons modernes »[46]que sont devenus pour divers motifs, de nombreux individus de ce siècle de mondialisation, les personnages condéens arpentent l’univers. Maryse Condé invite ainsi à découvrir comme le proposent, Jean-Claude Barreau et Guillaume Bigot, Toute la géographie du monde[47]à travers des romans surchargés de ce que Josias Semujanga nomme « éléments de poétique transculturelle »[48].

Ainsi, dans cette écriture placée sous le signe de la mobilité, la seule évocation des chaînes d’hôtels, « Accor, Ibis, Mercure, Méridien »[49] implantées à l’échelle mondiale, illustre sans équivoque, l’idée de tour du monde effectué par les personnages condéens. Ce rapport frivole à l’espace, induit « une pluri-identité croissante »[50] pour emprunter l’expression de Gui Di Méo. Assurément, l’issu d’un tel parcours migratoire, est pour le personnage condéen, l’occasion d’un brassage culturel remarquable au plan linguistique, vestimentaire, culinaire et musical.

Les romans de Maryse Condé présentent ainsi un nouveau mode de structuration linguistique fondé sur la multiplicité. En effet, l’espace de la création romanesque de la Guadeloupéenne n’est plus le pré-carré de la langue française. Il est généreusement ouvert à toutes les coopérations linguistiques, notamment avec le créole, l’anglais et l’espagnol. L’exemple de Boris, l’un des principaux personnages de La belle créole, traduit à suffisance, le multilinguisme inscrit au cœur de l’œuvre romanesque de Maryse Condé.

A cheval sur les quatre langues tantôt mentionnées, Boris est un «poète en créole et en français »[51]passionné de William Shakespeare et de Pablo Neruda. Il illustre ainsi, le profil linguistique du citoyen de la mondialisation. Du premier auteur, Boris affectionnait tout particulièrement « Othello or the Moor of Venise » :

It is the very error of the moon,

She comes more near the earth than she was wont

And makes men mad.

De l’autre auteur, il privilégiait le « Canto General » :

El jaguar tocaba las hojas

Con su ausenciafosforescente,

El puma corre en el ramaje

Como el fuegodevorador »[52].

Au plan vestimentaire, les romans condéens mêlent habillements africains, antillais, asiatiques, européens et américains. L’exemple le plus achevé du métissage vestimentaire qui illustre parfaitement la mondialisation culturelle promue par Maryse Condé, réside dans le goût carnavalesque du personnage de Big Boss, chef d’Etat baroque des Belles ténébreuses. Il était si difficile à satisfaire du point de vue vestimentaire que : 

Les modélistes du palais se succédaient, faisaient les croquis les plus divers : toge romaine, tunique grecque, pagne de chef africain, costume à épaulettes rembourrées de footballeur américain, aube flottante de pêcheur. L’un d’eux, qui avait été désigné chez Alexandre Mc Queen, s’inspirait du vêtement rituel d’une société sécrète des femmes mende. Un autre proposait un complet de serge à quatre poches Mao Zedong(…) Enfin de compte, Ramzi jeta son dévolu sur une redingote noire façon Keanu Reeves dans Matrix ou soutane d’un prêtre d’église orthodoxe russe.[53].

Si le vêtement marque sur le corps une identité, le contenu des assiettes en fait autant. Ainsi, à côté du syncrétisme vestimentaire, les romans condéens se font également, le réceptacle de goûts et saveurs culinaires venus d’horizons divers. Au plan culinaire, l’œuvre romanesque de Maryse Condé donne, en effet, l’impression de lire le Grand Dictionnaire de cuisine[54] d’Alexandre Dumas et se veut ainsi, un espace mondial de gastronomie. Dans cette profusion de mets et de plaisirs gourmands, on ne perçoit nulle part, une quelconque dictature du bon goût qu’imposeraient par exemple, le célèbre « McDonald »[55] américain, la « pizza »[56] italienne, « le colombo antillais »[57] et ce plat typiquement africain qu’est le « foufou d’igname »[58] ;

Au plan musical, le roman de Maryse Condé est une belle symphonie des musiques du monde. De la musique classique au folklore négro-africain en passant par le rap, le reggae, la salsa, le zouk etc, les musiques du monde animent les romans condéens. La preuve parfaite de cette communion culturelle par le biais de la musique, est à lire dans Les belles ténébreuses où: 

Un célèbre griot du Sénégal chantait avec une célèbre chanteuse française, accompagné par le célèbre Grand Orchestre du Caire. On comptait aussi des chanteurs de rap américains de Pittsburg. En vedette américaine se produisait un ensemble venu de Guinée, le nouveau Bembeya Jazz.[59] 

Grâce aux marqueurs d’identité que sont la langue, le vêtement, la cuisine et la musique, Maryse Condé affiche comme on l’a vu, sa préférence pour la Littérature-monde. De la sorte, son écriture est l’exact reflet du constat de mondialisation culturelle que fait Jean-Pierre Warnier à savoir qu’:

On danse le tango argentin à Paris, le bikutsi camerounais à Dakar, la salsa cubaine à Los Angeles. Mcdo sert ses hamburgers à Pékin, et Canton sa cuisine à Solo. L’art zen du tir à l’arc bouleverse l’âme germanique. La baguette parisienne a conquis l’Afrique de l’Ouest. [60]

Conclusion

La préoccupation identitaire, on peut en conclure, demeure l’épicentre de l’activité intellectuelle de Maryse Condé. En témoigne sa création romanesque qui retrace les chemins saccadés de l’identité culturelle antillaise ; une identité évoluant au gré des différents courants littéraires locaux. Chacun d’eux croyant détenir la solution capable de sauver un peuple en détresse identitaire. Ainsi, de la Négritude à la Littérature-monde, Maryse Condé dont l’écriture est arrimée à la thématique identitaire, a régulièrement dû réajuster son approche sur la question, en se résolvant finalement, à faire le deuil de la terre d’origine.

« Arpenteuse d’espaces »[61], Maryse Condé est convaincue que l’histoire de son peuple déjà hybride depuis le bateau négrier, présente l’avantage d’être la plus intéressante anticipation de cette mondialisation culturelle qui invite à l'ouverture aux autres. La Guadeloupéenne étend alors son champ de création romanesque à l’échelle mondiale et dresse à l’arrivée, un bel éventail des bénéfices culturels et littéraires du phénomène irréversible de la mondialisation que certains détracteurs utilisent comme épouvantail. De la Négritude à la Littérature-monde, en passant par l’Antillanité et la Créolité, Maryse Condé, l’écrivaine-monde par excellence, revendique désormais une citoyenneté universelle.

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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[1]- HervéCarrier, Lexique de la culture, Tournai ; Louvain-la neuve, 1992, p.7.

[2]- Jean Bernabé et al, Eloge de la créolité, Paris, Gallimard, 1989, p.15.

[3]- Patrick Chamoiseau et Raphael CONFIANT, Lettres créoles. Tracées antillaises et continentales de la littérature. 1635-1975, Paris, Hatier, 1991, p.89.

[4]- Née à peu près au début du XIXe siècle, avec le Doudouisme, la littérature antillaise est une littérature  mineure mais émergente. Les premiers romans écrits datent du passé récent, postérieur à l’implantation des premiers peuples indiens, noirs et blancs dans les îles. Impulsée par les premiers Békés, descendants des colons, cette pratique littéraire aura un relais au sein d’une bourgeoisie minoritaire envahie par la nostalgie démesurée des prestigieux écrivains français. Guidé ainsi par l'impulsion mimétique, ce style littéraire sera considéré comme un « décalque », ou encore, un dérivatif littéraire. Son discours exotique et sa thématique inexorablement enfermée dans la célébration de la femme antillaise, et dans l'exaltation du luxuriant paysage insulaire, lui vaudront le terme péjoratif de Doudouisme.

[5]- Jean Bernabé et al, Eloge de la créolité, ouvr.Cité, p.18.

[6] - Maryse Condé, « Entretiens avec Catherine Le Pelletier », Encre Noire, Guadeloupe-Guyane-Martinique. Ibis rouge Editions, 1998, p.71-72.

[7]- Maryse Condé, Hérémankhonon, Paris, Union Générale d’Edition, 1976.

[8]- Maryse Condé, Hérémankhonon , ouvr. Cité p.158.

[9]- Id., p.273.

[10]- Ibid., p.273.

[11]- Maryse Condé, Ségou, les murailles de la terre, Paris, Laffont, 1984.

[12]- Bertène Juminer, Les bâtards, Présence Africaine, 1961, p.189.

[13] - Maryse Condé, Traversée de la mangrove, Paris, Mercure de France, 1989, p.87.

[14] - Idem, Traversée de la mangrove, ouvr. Cité, p.87.

[15]Maryse Condé,Célanire cou-coupé, Paris, Laffont, 2000, p.58.

[16]- Maryse Condé, Les belles ténébreuses, Paris, Mercure de France, 2008, p.41.

[17]- Ibid., p.41.

[18]- Maryse Condé, « La race n’est pas primordiale », Le Courrier de l’UNESCO, Novembre 2000, p.20.

[19]- Stanislas Adotévi, Négritude et négrologue, Paris, Union Générale d’Editions, 1972. Contrairement à Henri Lopès, Adotévi relevait, déjà à cette époque, la posture velléitaire de la Négritude.

[20]- Henri Lopès, Ma grand-mère Bantoue et mes ancêtres les Gaulois, Paris, Gallimard, 2003, 4è de couverture.

[21] - Gaston Kelman, « La Corrèze, pas le Zambèze », Jeune Afrique L’intelligent, n°2254 du 21 au 27 mars. 2004, p.80.

[22]- Daniel Maximin, L’Isolé soleil, Paris, Seuil, 1981, p.98.

[23]René Depestre, Bonjour et... adieu la négritude, Paris, Seghers, 1980.

[24] - Dominique Mondolonie, « Des îles et des encres… », Notre Librairie N°143, Littéraires ins    ulaires, Janvier-mars 2001, p.4.

[25] - Aimé Césaire, Moi, Laminaire, Paris, Seuil, 1982.

[26]- Patrick Chamoiseau, Ecrire en pays dominé, ouvr. Cité, p.239.

[27]- Edouard Glissant, Le discours antillais, Paris, Seuil, 1981, p.98.

[28]- Julie Lirus, Identité antillaise, Fort-de-France, Ed. Caribéennes, 1979, pp.95-96.

[29]- Maryse Condé, «  Liaison dangereuse », Pour une littérature-monde, Michel Le Bris et Jean Rouaud, (dir), Paris, Gallimard, 2007, p.206.

[30]- Maryse Condé, La vie scélérate, Paris, Seghers, 1987, p.291.

[31] - Maryse Condé, Hérémankhonon, ouvr. Cité, p.243.

[32]- Catherine Le Peletier, Encre Noire, ouvr. Cité, p.72.

[33]- Maryse Con, « Aspects du mythe dans la littérature des Antilles francophones », Mythes : images, représentations, Actes du XIV Congrès de la S.F.L.G.C., (Limoges, 1977), p.21.

[34]- Barthélémy Kotchi, « Méthodologie et idéologie », Amadou Koné et al, Littérature et Méthodologie, Abidjan, CEDA, 1984, p.73.

[35]- Jean Bernabé et al, Eloge de la créolité, ouvr. Cité, p.13.

[36] - Jacques Godbout, « La question préalable », Pour une littérature-monde, ouvr. Cité, p.103.

[37]- Jean Bernabé et al, Eloge de la créolité, ouvr. Cité, p.26.

[38]- Maryse Condé, « Entretiens avec Catherine Le Pelletier », Encre Noire, ouvr. Cité, p.86. 

[39]- Maryse Condé, Traversée de Mangrove, ouvr. Cité, p.261.

[40]- Maryse Condé, «  L’identité est une histoire personnelle », Dernières Nouvelles d’Alsace du 14 juin 2008, p.3

[41]- Maryse Condé, «  Liaison dangereuse », Pour une littérature-monde, Op. cit, p.210.

[42]Michel Le Bris et Jean Rouaud, (dir) Pour une littérature-monde, ouvr. Cité.

[43]Michel Le Bris, «  Pour une littérature-monde en français », pour une littérature-monde, ouvr. Cité, p.24.

[44] Patrick RAYNAL, « L’avenir du roman ? Noir », Pour une littérature-monde, ouvr. Cité p.136.

[45]Edouard Glissant, Poétique de la Relation, Paris, Gallimard, 1990, p.158.

[46] Joël Des Rosiers, Théories caraïbes, Poétique du déracinement, Montréal, Triptyque, 1996, p.122.

[47]Jean-Claude Barreau et Guillaume Bigot, Toute la géographie du monde, Paris, Fayard, 2007.

[48] Josias Semujanga, Dynamique des genres dans le roman africain. Eléments de poétique transculturelle, Paris, L’Harmattan, 1999.

[49] Maryse Condé, Les belles ténébreuses, ouvr. Cité, p.44.

[50]Guy Di Méo, « L’identité : une médiation essentielle du rapport espace / Société », Géocarrefour, Année 2002, Volume 77, n° 77-2p.177.

[51] Maryse Condé, La belle créole, Paris, Mercure de France, 2001, p.33.

[52]- Ibid., p.35.

[53]- Maryse Condé, Les belles ténébreuses, ouvr. Cité, p.115.

[54]- Alexandre Dumas, Grand Dictionnaire de cuisine, Paris, Editions Phébus, 2000, Pierre Sicre (dir). Première édition 1825.

[55]- Maryse Condé, Les belles ténébreuses, ouvr. Cité, p.222. 

[56]- Ibid., p.192.

[57]- Maryse Condé, La belle créole, ouvr. Cité, p.22.

[58]- Maryse Condé,Célanire cou-coupé, ouvr. Cité, p.89.

[59]- Maryse Condé, Les belles ténébreuses, ouvr. Cité, p.190.

[60]- Jean-Pierre Warnier, La mondialisation de la culture, Paris, La Découverte, 2003, p.3.

[61]- Nara ARAUJO, L’œuvre de Maryse Condé. Questions et réponses à propos d’une écrivaine politiquement   incorrecte, Paris, L’Harmattan, 1996, p.79.